événement reporté

Présentation de l’oeuvre du typographe et designer, Pierre di Sciullo.

Interview avec Anja-Hélène van Zandwijk et Max Bruinsma

  • Quand: Mercredi 18 Mars, 18h00
  • Ou: Studio Loos, De Constant Rebecqueplein 20B, 2518 RA Den Haag

En français et anglais.

Prix de l’entrée : 8€

Tarif réduit pour les élèves de l’AFLH : 5€, réservation par email : communication@aflahaye.nl

En Partenariat avec Stanza Bookshop.


Comment et pourquoi j’écris en grand

Les actualités de l’atelier, les projets et réalisations récentes ou en cours ont tous un lien avec l’écriture. L’écriture comme laboratoire de l’apprenti-poète, l’écriture comme source d’images ambivalentes et polymorphes. J’explore les rudiments du langage, les rapports entre le son et la forme, entre phonème et graphème, entre la parole et le mot dans le texte même, dans la lettre même. Dès que le contexte est favorable je conjugue le malaxage de la langue quotidienne avec la création typographique pour observer les mots, les locutions, pour détourner les slogans et les injonctions qui nous entourent. Inversions, substitutions, néologismes, consonances et décalages participent à la corrosion du sens commun. J’incite le spectateur à jouer avec l’œuvre pour en percer les énigmes et en extraire une potentialité inattendue. Je ne crois pas à la fable de la neutralité du signe, je tente au contraire de révéler la place du corps dans le processus de lecture, mon corps et celui du lecteur.


 

Pierre di Sciullo, né à Paris en 1961, est un graphiste, typographe et dessinateur de caractères français.
Il édite seul depuis 1983 la revue Qui ? résiste, série de « manuels » dans laquelle il expérimente des procédés littéraires et graphiques à base de collages, citations et détournements : manuel de la séduction, de la vérité, de la mort, etc.

En 1989, dans le no 8 de Qui ? résiste, manuel de lecture, il développe une production typographique expérimentale foisonnante et met en scène des textes de Georges Perec, Rabelais, Jean-Pierre Brisset. Parmi les diverses polices de caractères dessinées dans cet opus figurent le Minimum et le Quantange.

Entre 1995 et 2003, il a créé des polices de caractères qui ont permis au peuple touareg d’accéder à l’imprimé et à l’écran : l’Amanar (Condensé, Décor, Medium et Noir).

Lauréat du prix Charles Nypels à Maastricht en 1995 récompensant l’ensemble de sa production typographique, il mène ses recherches sur des médias et matériaux variés tels que le livre, l’affiche, l’écran ou encore l’architecture.

En 2007 dans le cadre de la commande publique, il installe un moucharabieh typographique polyglotte, une double peau derrière la façade du musée Champollion à Figeac.

En 2008 il participe au long métrage d’animation Peur(s) du noir, projet collectif sous la direction artistique d’Étienne Robial.

Pierre di Sciullo développe également ses projets dans l’espace public. Sculptures typographiques, dessins de façades, signalétiques, enseignes : ces cristallisations de l’écriture se déploient dans l’architecture et dans la rue.

Les recherches sur l’incarnation de la voix dans l’écriture et sur le poids des slogans donnent naissance à des affiches imprimées ou peintes. Ses productions interpellent à la fois le lecteur, le citoyen et le joueur.

Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, nommé conjointement avec les typographes Anette Lenz et Jean François Porchez (2015).


Pierre Di Sciullo, L’or de la fougue

L’Or de la fougue est un livre fait main. Hormis la préface du metteur en scène Wajdi Mouawad, tous les textes y sont tracés comme des graffitis sur un mur. Des graffitis joueurs. L’allitération y côtoie l’approximation, « l’orthographe se dégrafe », les poèmes ne riment à rien. Pierre di Sciullo aligne les phrases à double sens, les lapsus, les « calembours rustiques faits à point », multiplie les niveaux de lecture. Les pensées élevées, les mots qui font rêver se heurtent au quotidien le plus trivial. On croit par exemple énumérer une liste d’arbres, on se retrouve face à un couple qui se dispute : « Mélèze-moi tranquille à la fin ! » Le travail de ce graphiste de 57 ans est sans équivalent. Il passe de la signalétique du tramway de Nice aux affiches du Théâtre de la Colline avec la même invention joyeuse. Amoureux des belles lettres, il se délecte des O majuscules bien ronds et des T bien raides. Les caractères typographiques de son cru s’appellent Durmou ou Quantange. Il ne met pas seulement en forme les messages des autres, il invente les siens. L’œil et l’oreille à l’affût, di Sciullo s’amuse de « nyctalope », se délecte de « pouilly-fumé », exulte quand il arrive à placer « Popocatepetl » ou à faire rimer « fromage » avec « new age ». Ses écrits donnent envie d’être lus à haute voix, à plusieurs, ou même chantés comme des canons absurdes et détraqués.


A Mercredi 18!

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